VIRGO rejoint LIGO pour une prise de données commune

Le 1er août 2017, le détecteur européen d’ondes gravitationnelles VIRGO a officiellement rejoint les deux détecteurs LIGO des Etats-Unis pour une collecte simultanée de données. La sensibilité du détecteur VIRGO est aujourd’hui suffisante pour confirmer une détection, et ainsi permettre de localiser avec une précision accrue la source des ondes gravitationnelles détectées.

A la fin de cette période d’observation, l’instrument continuera son fonctionnement pendant plusieurs semaines afin d’améliorer encore sa sensibilité et en apprendre plus sur les différents bruits qui limitent actuellement les mesures.

« Aujourd’hui, pour la première fois nous avons un réseau de trois détecteurs de seconde génération, capables de localiser la source d’un signal d’ondes gravitationnelles. C’est une avancée majeure et le meilleur est à venir. La sensibilité des instruments va s’améliorer progressivement tandis que de nouveaux détecteurs vont rejoindre le réseau, ouvrant ainsi des perspectives prometteuses pour l’étude multi-messagers de l’Univers » conclut Giovanni Losurdo (section INFN de Pise) ancien responsable du projet « VIRGO Avancé ».

Lire ici l’annonce complète LSC VIRGO.

 

Image: Vue aérienne VIRGO – ©EGO VIRGO

LISA Pathfinder : Réussite et fin de la mission

« Non seulement nous avons dépassé les exigences requises pour LISA Pathfinder, mais nous avons aussi atteint le niveau de précision demandé pour LISA sur toutes les fréquences : Nous sommes définitivement prêts à passer à la prochaine étape. » Karsten Danzmann*.

Nous avons débuté la Saga de LISA Pathfinder le 18 juin 2017 et suivi cette mission avec vous et les chercheurs impliqués pendant exactement deux années. Le but de LISA Pathfinder était de valider la technologie qui sera utilisée lors de la future mission LISA. C’est à dire de placer deux masses d’épreuve dans chacun des trois satellites de la constellation LISA, laquelle est destinée à la détection des ondes gravitationnelles dans l’espace.

Non seulement la mission LISA Pathfinder a surpassé ses objectifs, mais la mission LISA vient d’être officiellement sélectionnée par l’ESA, dans le cadre des missions lourdes du programme scientifique (L3). Avec la détection pour la troisième fois d’ondes gravitationnelles émises lors de la fusion de deux trous noirs annoncée le mois dernier par la collaboration Advanced LIGO, nous sommes définitivement entrés dans l’ère de l’astronomie gravitationnelle.

 

La mission LISA Pathfinder effectuera ses derniers tests et recevra ses ultimes instructions le 18 juillet 2017.

 

Vous pouvez retrouver tous les détails des performances de la mission LISA Pathfinder sur le site de l’ESA (en anglais):

http://sci.esa.int/lisa-pathfinder/59238-lisa-pathfinder-to-conclude-trailblazing-mission/

and

http://sci.esa.int/lisa-pathfinder/59262-lisa-pathfinder–not-resting-on-its-laurels/

 

Nous avons adoré suivre cette splendide expédition avec vous. Et nous en attendons encore d’autres comme celle-ci dans les années à venir.

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*Directeur au Max Planck Institute for Gravitational Physics, Directeur du Institute for Gravitational Physics of Leibniz Universität Hannover, Germany, Co-Principal Investigateur de LISA Technology Package, et lead proposer de LISA.

Image : LISA Pathfinder in space. Credit: ESA/C. Carreau

 

La mission LISA selectionnée par le Science Program Committee de l’ESA

Après de nombreuses années d’études et d’espoir la mission LISA a été officiellement sélectionnée par le Science Program Committee (SPC) de l’ESA comme 3ème mission ‘Large’ (L3) du programme Cosmic Vision. La constellation de trois satellites est conçue pour étudier les ondes gravitationnelles dans l’espace.

C’est une étape majeure dans le développement de LISA. La prochaine grande étape sera l’adoption, attendue vers 2021/2022.

En France, le Laboratoire APC a un rôle central dans LISA, puisqu’il coordonne aujourd’hui, avec le soutien du CNES et d’autres laboratoires partenaires, les deux principales contributions françaises envisagées pour LISA : la mise en place du Centre de Traitement de Données Scientifiques, la gestion des performances et l’Intégration et Tests de la charge utile.

 

Pour plus d’informations:

Laboratoire APC – Page LISA & LisaPathfinder

ESA

NASA

Futura Sciences

 

Photo Lisa concept

© AEI/Milde Marketing/Exozet

Le prix Princesse des Asturies pour les Recherches Techniques & Scientifiques 2017 est attribué à la Collaboration LIGO

06/14/2017

Le prix Princesse des Asturies 2017 pour les recherches techniques et scientifiques a été décerné aux physiciens Rainer Weiss, Kip S. Thorne et Barry C. Barish ainsi qu’à la Collaboration Scientifique LIGO (LSC), le 14 juin 2017 par le jury responsable de son attribution à Oviedo.

©FPA

Pour plus d’informations:

Princess of Asturias Foundation

Bourse Pierre Binétruy

Certains d’entre vous ont exprimé le désir de contribuer à la continuation de l’œuvre de Pierre Binétruy. Ceci nous a incité à concevoir une bourse de recherche portant son nom. Si vous souhaitez faire un cadeau au nom de Pierre, nous vous proposons de participer à la création de cette bourse de recherche portant son nom.

Tous les dons reçus depuis le 1er Avril 2017 seront destinés à la financer.

Les dons pour la Bourse Pierre Binétruy peuvent être faits auprès du Fonds de Dotation Physique de l’Univers qu’il dirigeait : Vos dons à la bourse Pierre Binétruy

Lien d’information:

Fonds de Dotation Physique de l’Univers

Pierre Binétruy nous a quittés

C’est avec une immense tristesse que nous devons vous annoncer que notre ami et collègue Pierre Binétruy est décédé le premier jour d’Avril 2017.

La science française, européenne et internationale perd un chercheur exemplaire mais aussi un être humain exceptionnel.

 

Pierre Binétruy, né en 1955, a obtenu son doctorat d’état en 1980, sous la direction de Mary K. Gaillard, avec pour titre « Aspects théoriques et phénoménologiques des théories des jauges ». De 1979 à 1986 il a occupé plusieurs postes au CERN (fellow) et aux Etats Unis (Université de Californie à Berkeley, Université de Floride, Université de Chicago). En 1986, il fut recruté en tant que chargé de recherches au LAPP, Annecy-le-Vieux et 4 ans plus tard professeur à l’Université Paris XI au Laboratoire de Physique Théorique, où il est devenu professeur de classe exceptionnelle en 1999. Depuis 2003 il était professeur à l’Université Paris Diderot.

Ses principaux intérêts ont évolué de la physique des hautes énergies (notamment la supersymétrie) à la cosmologie et à la gravitation, et en particulier l’interface entre l’étude de l’Univers primordial et les théories des interactions fondamentales. Ses intérêts récents incluaient les modèles d’inflation, l’énergie sombre et les fonds cosmologiques d’ondes gravitationnelles. Durant sa carrière prolifique, il a publié des papiers séminaux qui ont approché les 1000 citations chacun. Pour sa recherche il a reçu plusieurs prix (Prix ​​Thibaud, le prix Paul Langevin de la SFP, Miller Professor 1996 à Berkeley). Il était un théoricien parmi les plus brillants de son temps.

Mais sa mémoire restera aussi parce que, pour paraphraser André Malraux, il alliait « l’esprit et le courage », il savait qu’il ne faut pas seulement chercher la vérité scientifique mais aussi avoir le courage d’organiser la communauté en vue des buts scientifiques que cette vérité impose et également se battre au sein des institutions pour les défendre.

Les plus anciens se souviennent de l’ambiance intellectuelle extraordinaire qui animait le Groupement de Recherche (GDR) Supersymétrie qu’il a conçu et dirigé de 1997 à 2004, le transformant en un carrefour de rencontre sans précédent des expérimentateurs et théoriciens, creuset de plusieurs nouvelles idées tant de théorie que d’analyse expérimentale au tournant du siècle.

Il a eu aussi l’intuition centrale, pendant une époque où la détection des ondes gravitationnelles était pour plusieurs un rêve lointain (fin de 2005) d’impliquer la France à travers le CNES, dans le programme spatial de détection des ondes gravitationnelles, LisaPathfinder et Lisa. Un choix scientifique auquel il a consacré une grande partie de son dynamisme et ceci jusqu’aux et pendant les jours de son hospitalisation.

Les chercheurs et ingénieurs de l’APC se souviennent aussi de l’énergie et le dynamisme qu’il a mis pour la fondation du laboratoire Astroparticule et Cosmologie (APC) dès 1999, en suivant une incitation de Luc Valentin. Il fut le directeur de l’APC jusqu’en 2013. Il a accompagné cette entreprise originale de l’Université Paris Diderot et de l’IN2P3/CNRS, du CEA et de l’Observatoire de Paris, avec une inventivité inépuisable. On lui doit l’implication ferme du laboratoire dans le spatial, l’ouverture interdisciplinaire vers les Sciences de la Terre, la réalisation de l’importance des sciences des données avec le centre François Arago, la fondation avec le prix Nobel de Cosmologie, George Smoot, du Centre de Physique Cosmologique de Paris (PCCP) et l’immersion de l’APC dans un réseau mondial de centres équivalents (par exemple le Laboratoire International Associé avec KIPAC au SLAC, des relations avec l’Université de Chicago ou KIT de Helmholtz).

Il était aussi un professeur, qui a su inspirer des centaines d’étudiants, et à travers le MOOC Gravité, en collaboration avec G. Smoot, ses cours ont touché des milliers (96.000 inscrits). L’expression de gratitude des étudiants mais aussi de tous ceux qui l’ont suivi ont chauffé le cœur de Pierre mais aussi de nous, ses collègues. Ce MOOC était pour Pierre encore une avenue vers le futur, il n’y voyait pas un moyen simple d’améliorer la visibilité de l’Université mais une révolution dans la façon dont les connaissances sont diffusées, similaire à la révolution de Gutenberg, et cette révolution signifiait peut-être un nouveau type d’universités, et à travers elles de société et d’humanité.

En parallèle à ces activités, on n’a choisi que 4 paradigmatiques parmi une multitude, Pierre a trouvé le temps d’être président du Fundamental  Physics Advisory Group (2008-2010) et du Fundamental Physics Roadmap Committee (2009-2010) de l’ESA ; du consortium français de la mission spatiale LISA ; de la Division Théorie de la Société Physique Française (1995-2003) ; de la section interdisciplinaire  de l’Astroparticule (2003-2004), de la section théorie (2005-2008) du CNRS ; et directeur du fonds de dotation «Pour la recherche et la formation dans le domaine de la physique de l’univers».

Il fut également membre du comité scientifique de l’IN2P3 (1996-2000), du Scientific Advisory Commitee d’APPEC réunissant les agences de l’Astroparticule en Europe, du groupe de travail ApPIC de IUPAP (l’Union Internationale pour la Physique Pure et Appliquée) qu’il a aidé à faire naître en 2013 et dont il était un membre clef jusqu’aujourd’hui, de l’European Space Science Committee,  du Comité de Programme Scientifique (SPC) du Laboratoire National SLAC (Stanford , Etats-Unis ), du comité d’évaluation  de la feuille de route  du DOE et du comité d’évaluation international de l’INFN  (Italie) et NSERC (Canada). Finalement, ces dernières années, il a été membre du Conseil Scientifique du CNRS.

Cette activité poursuivie avec un enthousiasme et une rigueur sans faille, était accompagnée d’une grande culture et sophistication, une connaissance profonde des arts, où il a propulsé plusieurs actions entre art et sciences, et surtout une grande qualité humaine. Cette qualité a fait que la nouvelle de sa disparition a été vécue avec une grande tristesse à travers le monde. Comme un de ses éminents collègues l’a dit de lui : « Pierre était une de ces personnes très exceptionnelles qui était au sommet du jeu et, en même temps, un collègue remarquablement simple et agréable. »

La science française mais aussi européenne et mondiale a perdu un de ses praticiens exemplaires.

Stavros Katsanevas Directeur du Laboratoire APC

Une nouvelle session de Gravity! (en anglais) débute le lundi 30 janvier

Une nouvelle session en anglais du cours sur internet (MOOC) Gravity! commence le lundi 30 janvier pour six semaines sur la plateforme FutureLearn. Vous pouvez vous inscrire ici pour ce cours gratuit et ouvert à tous.

Depuis sa première diffusion ce cours a atteint près de 90 000 inscriptions, versions anglaise et française confondues. Cette nouvelle session suit le même programme que la précédente. Elle passe en revue l’émergence des principaux concepts de Galilée à Newton et Einstein, avant de discuter les aspects majeurs de la  gravité dans l’Univers – Big Bang, expansion et inflation cosmique, fond cosmologique, matière sombre, énergie sombre, trous noirs et pour finir avec les ondes gravitationnelles, dont la détection a été annoncée il y a presqu’un an. Rejoignez-nous dans cette aventure !

Gravity! est pour toutes celles et ceux qui sont curieux des mystères de l’Univers. Il vous invite à comprendre, sans pré-requis en physique ou maths, les fondements de la théorie d’Einstein et ce qui fait de la gravité « le moteur de l’Univers ».

Le cours Gravity! est produit par le Paris Centre for Cosmological Physics et le Fonds de Dotation Physique de l’Univers de l’Université Paris Diderot.

Deux membres de l’équipe de Gravité! reçoivent une bourse L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science

Le 12 octobre ont été annoncées à Paris les bourses L’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science. Chaque année, ces prix permettent à des jeunes femme scientifiques de grand talent de poursuivre des projets de recherche prometteurs. Deux membres de l’équipe Gravité! ont été honorées à cette occasion.

 

valerie

 

Valerie Domcke est boursière PCCP à l’Université Paris Diderot. Elle a reçu son doctorat en physique théorique à l’Université de Hambourg, avant de faire un séjour postdoctoral à Trieste. Elle a rejoint le Paris Centre for Cosmological Physics (PCCP) en Octobre 2015. Elle travaille actuellement sur la physique de l’Univers primordial et sur les ondes gravitationnelles. Elle est particulièrement intéressée par l’interface entre la physique des particules et la physique de l’Univers.

 

eleonora

 

Eleonora Capocasa effectue actuellement son travail de thèse dans le laboratoire APC au sein de l’équipe Virgo (en tant que membre de la  collaboration LIGO-Virgo, elle a signé le papier de découverte des ondes gravitationnelles en février dernier). Elle travaille sur la façon d’améliorer la sensibilité de la détection des ondes gravitationnelles.

Félicitations à toutes les deux! Et formons le voeu que leur exemple attirera de nombreuses autres jeunes femmes scientifiques vers le domaine de l’astronomie gravitationnelle. 

Une vie de proton

 

 

Un de nos plaisirs est de découvrir des petits bijoux parmi les messages postés sur le forum du cours Gravité!. Nous en avons déjà une belle collection already have a great collection. En hommage à toutes les brillantes contributions que nous avons reçues, nous avons décidé de mettre en avant la belle histoire dont Damien Pigret, participant inspiré de la seconde session de Gravité! nous a régalé. Parce que c’est encore l’été, nous proposons cette belle histoire sous forme d’un feuilleton Une vie de proton, publié en 4 épisodes tous les lundis. Dégustez!

Pierre Binétruy

Les ondes gravitationnelles frappent à nouveau la terre : GW151226

Les collaborations LIGO et Virgo ont annoncé aujourd’hui 15 juin lors de la 228 éme conférence de la Société Américaine d’Astronomie à San Diego une nouvelle détection d’ondes gravitationnelles. Simultanément un article a été publié dans Physical Review Letters.

L’évènement a été observé le 26 décembre 2015 à 3.38.53 UTC par les deux détecteurs LIGO de Livingstone et de Hanford (1.1 milliseconde plus tard). Cet évènement, interprété comme la fusion de deux trous noirs, n’est pas aussi puissant que celui annoncé en février et donc le signal est moins spectaculaire.

GW151226

L’une des raisons est que les deux trous noirs ne sont pas aussi massifs que lors de l’événement de « découverte » GW150914 : les deux trous noirs sont respectivement de 14 et 8 masses solaires, et le trou noir final est de 21 masses solaires. L’analyse utilise des « formes d’ondes » prédites par la théorie et les compare au signal. Le rapport signal sur bruit (la façon quantitative utilisée par les physiciens pour exprimer le fait que le signal ressort du bruit de fond dans le détecteur) est estimé à 13, à comparer avec 24 dans le cas de GW150914.

L’évènement s’est déroulé il y a 1,4 milliards d’années lumière.

En raison de la plus grande durée du signal dans le détecteur, que lors de la première détection, la collaboration LIGO-Virgo a pu déterminer que l’un des deux trous noirs (ainsi que le trou noir final) était en rotation.

Durant la conférence de presse de l’AAS, la collaboration a rappelé qu’un autre évènement (déjà mentionné dans la publication de la découverte) est probablement également une fusion de trous noirs. Appelé LVT151012, LVT pour LIGO Virgo Trigger (« trigger » veut dire « déclenchement »), il a été observé le 12 octobre 2015. Le rapport signal sur bruit étant de 9,7,  la collaboration n’est pas suffisamment confiante pour pouvoir en parler comme d’une découverte. S’il correspondait bien à la fusion de trous noirs, la masse du trou noir final serait de 35 masses solaires.

Si l’évènement du 11 février concluait un siècle de recherches des ondes gravitationnelles, l’annonce d’aujourd’hui ouvre de toute évidence l’ère de l’astronomie des ondes gravitationnelles.

Nous aurons une belle occasion de parler de cette nouvelle découverte pendant le hangout qui se tiendra jeudi 16 juin en conclusion de la deuxième session du cours en anglais Gravity!

 

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