Bourse Pierre Binétruy

Certains d’entre vous ont exprimé le désir de contribuer à la continuation de l’œuvre de Pierre Binétruy. Ceci nous a incité à concevoir une bourse de recherche portant son nom. Si vous souhaitez faire un cadeau au nom de Pierre, nous vous proposons de participer à la création de cette bourse de recherche portant son nom.

Tous les dons reçus depuis le 1er Avril 2017 seront destinés à la financer.

Les dons pour la Bourse Pierre Binétruy peuvent être faits auprès du Fonds de Dotation Physique de l’Univers qu’il dirigeait : Vos dons à la bourse Pierre Binétruy

Lien d’information:

Fonds de Dotation Physique de l’Univers

Pierre Binétruy nous a quittés

C’est avec une immense tristesse que nous devons vous annoncer que notre ami et collègue Pierre Binétruy est décédé le premier jour d’Avril 2017.

La science française, européenne et internationale perd un chercheur exemplaire mais aussi un être humain exceptionnel.

 

Pierre Binétruy, né en 1955, a obtenu son doctorat d’état en 1980, sous la direction de Mary K. Gaillard, avec pour titre « Aspects théoriques et phénoménologiques des théories des jauges ». De 1979 à 1986 il a occupé plusieurs postes au CERN (fellow) et aux Etats Unis (Université de Californie à Berkeley, Université de Floride, Université de Chicago). En 1986, il fut recruté en tant que chargé de recherches au LAPP, Annecy-le-Vieux et 4 ans plus tard professeur à l’Université Paris XI au Laboratoire de Physique Théorique, où il est devenu professeur de classe exceptionnelle en 1999. Depuis 2003 il était professeur à l’Université Paris Diderot.

Ses principaux intérêts ont évolué de la physique des hautes énergies (notamment la supersymétrie) à la cosmologie et à la gravitation, et en particulier l’interface entre l’étude de l’Univers primordial et les théories des interactions fondamentales. Ses intérêts récents incluaient les modèles d’inflation, l’énergie sombre et les fonds cosmologiques d’ondes gravitationnelles. Durant sa carrière prolifique, il a publié des papiers séminaux qui ont approché les 1000 citations chacun. Pour sa recherche il a reçu plusieurs prix (Prix ​​Thibaud, le prix Paul Langevin de la SFP, Miller Professor 1996 à Berkeley). Il était un théoricien parmi les plus brillants de son temps.

Mais sa mémoire restera aussi parce que, pour paraphraser André Malraux, il alliait « l’esprit et le courage », il savait qu’il ne faut pas seulement chercher la vérité scientifique mais aussi avoir le courage d’organiser la communauté en vue des buts scientifiques que cette vérité impose et également se battre au sein des institutions pour les défendre.

Les plus anciens se souviennent de l’ambiance intellectuelle extraordinaire qui animait le Groupement de Recherche (GDR) Supersymétrie qu’il a conçu et dirigé de 1997 à 2004, le transformant en un carrefour de rencontre sans précédent des expérimentateurs et théoriciens, creuset de plusieurs nouvelles idées tant de théorie que d’analyse expérimentale au tournant du siècle.

Il a eu aussi l’intuition centrale, pendant une époque où la détection des ondes gravitationnelles était pour plusieurs un rêve lointain (fin de 2005) d’impliquer la France à travers le CNES, dans le programme spatial de détection des ondes gravitationnelles, LisaPathfinder et Lisa. Un choix scientifique auquel il a consacré une grande partie de son dynamisme et ceci jusqu’aux et pendant les jours de son hospitalisation.

Les chercheurs et ingénieurs de l’APC se souviennent aussi de l’énergie et le dynamisme qu’il a mis pour la fondation du laboratoire Astroparticule et Cosmologie (APC) dès 1999, en suivant une incitation de Luc Valentin. Il fut le directeur de l’APC jusqu’en 2013. Il a accompagné cette entreprise originale de l’Université Paris Diderot et de l’IN2P3/CNRS, du CEA et de l’Observatoire de Paris, avec une inventivité inépuisable. On lui doit l’implication ferme du laboratoire dans le spatial, l’ouverture interdisciplinaire vers les Sciences de la Terre, la réalisation de l’importance des sciences des données avec le centre François Arago, la fondation avec le prix Nobel de Cosmologie, George Smoot, du Centre de Physique Cosmologique de Paris (PCCP) et l’immersion de l’APC dans un réseau mondial de centres équivalents (par exemple le Laboratoire International Associé avec KIPAC au SLAC, des relations avec l’Université de Chicago ou KIT de Helmholtz).

Il était aussi un professeur, qui a su inspirer des centaines d’étudiants, et à travers le MOOC Gravité, en collaboration avec G. Smoot, ses cours ont touché des milliers (96.000 inscrits). L’expression de gratitude des étudiants mais aussi de tous ceux qui l’ont suivi ont chauffé le cœur de Pierre mais aussi de nous, ses collègues. Ce MOOC était pour Pierre encore une avenue vers le futur, il n’y voyait pas un moyen simple d’améliorer la visibilité de l’Université mais une révolution dans la façon dont les connaissances sont diffusées, similaire à la révolution de Gutenberg, et cette révolution signifiait peut-être un nouveau type d’universités, et à travers elles de société et d’humanité.

En parallèle à ces activités, on n’a choisi que 4 paradigmatiques parmi une multitude, Pierre a trouvé le temps d’être président du Fundamental  Physics Advisory Group (2008-2010) et du Fundamental Physics Roadmap Committee (2009-2010) de l’ESA ; du consortium français de la mission spatiale LISA ; de la Division Théorie de la Société Physique Française (1995-2003) ; de la section interdisciplinaire  de l’Astroparticule (2003-2004), de la section théorie (2005-2008) du CNRS ; et directeur du fonds de dotation «Pour la recherche et la formation dans le domaine de la physique de l’univers».

Il fut également membre du comité scientifique de l’IN2P3 (1996-2000), du Scientific Advisory Commitee d’APPEC réunissant les agences de l’Astroparticule en Europe, du groupe de travail ApPIC de IUPAP (l’Union Internationale pour la Physique Pure et Appliquée) qu’il a aidé à faire naître en 2013 et dont il était un membre clef jusqu’aujourd’hui, de l’European Space Science Committee,  du Comité de Programme Scientifique (SPC) du Laboratoire National SLAC (Stanford , Etats-Unis ), du comité d’évaluation  de la feuille de route  du DOE et du comité d’évaluation international de l’INFN  (Italie) et NSERC (Canada). Finalement, ces dernières années, il a été membre du Conseil Scientifique du CNRS.

Cette activité poursuivie avec un enthousiasme et une rigueur sans faille, était accompagnée d’une grande culture et sophistication, une connaissance profonde des arts, où il a propulsé plusieurs actions entre art et sciences, et surtout une grande qualité humaine. Cette qualité a fait que la nouvelle de sa disparition a été vécue avec une grande tristesse à travers le monde. Comme un de ses éminents collègues l’a dit de lui : « Pierre était une de ces personnes très exceptionnelles qui était au sommet du jeu et, en même temps, un collègue remarquablement simple et agréable. »

La science française mais aussi européenne et mondiale a perdu un de ses praticiens exemplaires.

Stavros Katsanevas Directeur du Laboratoire APC

Une nouvelle session de Gravity! (en anglais) débute le lundi 30 janvier

Une nouvelle session en anglais du cours sur internet (MOOC) Gravity! commence le lundi 30 janvier pour six semaines sur la plateforme FutureLearn. Vous pouvez vous inscrire ici pour ce cours gratuit et ouvert à tous.

Depuis sa première diffusion ce cours a atteint près de 90 000 inscriptions, versions anglaise et française confondues. Cette nouvelle session suit le même programme que la précédente. Elle passe en revue l’émergence des principaux concepts de Galilée à Newton et Einstein, avant de discuter les aspects majeurs de la  gravité dans l’Univers – Big Bang, expansion et inflation cosmique, fond cosmologique, matière sombre, énergie sombre, trous noirs et pour finir avec les ondes gravitationnelles, dont la détection a été annoncée il y a presqu’un an. Rejoignez-nous dans cette aventure !

Gravity! est pour toutes celles et ceux qui sont curieux des mystères de l’Univers. Il vous invite à comprendre, sans pré-requis en physique ou maths, les fondements de la théorie d’Einstein et ce qui fait de la gravité « le moteur de l’Univers ».

Le cours Gravity! est produit par le Paris Centre for Cosmological Physics et le Fonds de Dotation Physique de l’Univers de l’Université Paris Diderot.

Deux membres de l’équipe de Gravité! reçoivent une bourse L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science

Le 12 octobre ont été annoncées à Paris les bourses L’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science. Chaque année, ces prix permettent à des jeunes femme scientifiques de grand talent de poursuivre des projets de recherche prometteurs. Deux membres de l’équipe Gravité! ont été honorées à cette occasion.

 

valerie

 

Valerie Domcke est boursière PCCP à l’Université Paris Diderot. Elle a reçu son doctorat en physique théorique à l’Université de Hambourg, avant de faire un séjour postdoctoral à Trieste. Elle a rejoint le Paris Centre for Cosmological Physics (PCCP) en Octobre 2015. Elle travaille actuellement sur la physique de l’Univers primordial et sur les ondes gravitationnelles. Elle est particulièrement intéressée par l’interface entre la physique des particules et la physique de l’Univers.

 

eleonora

 

Eleonora Capocasa effectue actuellement son travail de thèse dans le laboratoire APC au sein de l’équipe Virgo (en tant que membre de la  collaboration LIGO-Virgo, elle a signé le papier de découverte des ondes gravitationnelles en février dernier). Elle travaille sur la façon d’améliorer la sensibilité de la détection des ondes gravitationnelles.

Félicitations à toutes les deux! Et formons le voeu que leur exemple attirera de nombreuses autres jeunes femmes scientifiques vers le domaine de l’astronomie gravitationnelle. 

Une vie de proton

 

 

Un de nos plaisirs est de découvrir des petits bijoux parmi les messages postés sur le forum du cours Gravité!. Nous en avons déjà une belle collection already have a great collection. En hommage à toutes les brillantes contributions que nous avons reçues, nous avons décidé de mettre en avant la belle histoire dont Damien Pigret, participant inspiré de la seconde session de Gravité! nous a régalé. Parce que c’est encore l’été, nous proposons cette belle histoire sous forme d’un feuilleton Une vie de proton, publié en 4 épisodes tous les lundis. Dégustez!

Pierre Binétruy

Les ondes gravitationnelles frappent à nouveau la terre : GW151226

Les collaborations LIGO et Virgo ont annoncé aujourd’hui 15 juin lors de la 228 éme conférence de la Société Américaine d’Astronomie à San Diego une nouvelle détection d’ondes gravitationnelles. Simultanément un article a été publié dans Physical Review Letters.

L’évènement a été observé le 26 décembre 2015 à 3.38.53 UTC par les deux détecteurs LIGO de Livingstone et de Hanford (1.1 milliseconde plus tard). Cet évènement, interprété comme la fusion de deux trous noirs, n’est pas aussi puissant que celui annoncé en février et donc le signal est moins spectaculaire.

GW151226

L’une des raisons est que les deux trous noirs ne sont pas aussi massifs que lors de l’événement de « découverte » GW150914 : les deux trous noirs sont respectivement de 14 et 8 masses solaires, et le trou noir final est de 21 masses solaires. L’analyse utilise des « formes d’ondes » prédites par la théorie et les compare au signal. Le rapport signal sur bruit (la façon quantitative utilisée par les physiciens pour exprimer le fait que le signal ressort du bruit de fond dans le détecteur) est estimé à 13, à comparer avec 24 dans le cas de GW150914.

L’évènement s’est déroulé il y a 1,4 milliards d’années lumière.

En raison de la plus grande durée du signal dans le détecteur, que lors de la première détection, la collaboration LIGO-Virgo a pu déterminer que l’un des deux trous noirs (ainsi que le trou noir final) était en rotation.

Durant la conférence de presse de l’AAS, la collaboration a rappelé qu’un autre évènement (déjà mentionné dans la publication de la découverte) est probablement également une fusion de trous noirs. Appelé LVT151012, LVT pour LIGO Virgo Trigger (« trigger » veut dire « déclenchement »), il a été observé le 12 octobre 2015. Le rapport signal sur bruit étant de 9,7,  la collaboration n’est pas suffisamment confiante pour pouvoir en parler comme d’une découverte. S’il correspondait bien à la fusion de trous noirs, la masse du trou noir final serait de 35 masses solaires.

Si l’évènement du 11 février concluait un siècle de recherches des ondes gravitationnelles, l’annonce d’aujourd’hui ouvre de toute évidence l’ère de l’astronomie des ondes gravitationnelles.

Nous aurons une belle occasion de parler de cette nouvelle découverte pendant le hangout qui se tiendra jeudi 16 juin en conclusion de la deuxième session du cours en anglais Gravity!

 

Jeudi 16 juin: Hangout Gravity! en direct de Stanford sur les trous noirs et les ondes gravitationnelles

Pierre Binétruy et George Smoot vous invitent à participer à un hangout du Mooc Gravity! dont le thème portera sur les trous noirs et les ondes gravitationnelles. Il sera retransmis ce jeudi 16 juin à 21h00 heure de Paris (19h00 UTC, 20h00 à Londres, 12h00 en Californie), en direct du Kavli Institute for Particle Astrophysics and Cosmology (KIPAC) au SLAC, de l’Université Stanford. Et donc en anglais …

KIPAC_logoLe Hangout  sera retransmis en direct sur Google Hangout et Youtube pendant environ 60 minutes, et vous pourrez y suivre les questions et les réponses. Même si vous n’êtes pas inscrits à cette session du cours en anglais Gravity! vous pouvez dès à présent poser vos questions ci-dessous et sur Twitter en utilisant le hashtag #FLGravity.

Les deux évènements qui seront couverts durant ce hangout sont les premiers résultats  de la mission LISAPathfinder , ainsi que les tout derniers résultats de la collaboration LIGO-Virgo.

Nos invités seront :

tom_abel

Tom Abel est directeur du Kavli Institute for Particle Astrophysics and Cosmology du laboratoire National SLAC et l’Université de Stanford. Son équipe explore le premier milliard d’années de l’histoire de l’Univers à partir de calculs ab initio utilisant des superordinateurs . Il a démontré que les premiers objets lumineux sont des étoiles super massives et a développé un nouvel algorithme numérique utilisant des méthodes d’adaption de maillage permettant de prendre en compte plus de 14 ordres de grandeur en échelles de longueur et de temps. Plus récemment, il a innové avec un nouvel algorithme pour étudier les fluides sans collision tels que la matière noire.

 

roger

 

Roger Blandford, originaire d’Angleterre, occupait un poste de professeur à Caltech depuis 1976 quand en 2003 il a rejoint l’Université de Stanford pour devenir le premier Directeur du Kavli Institute of Particle Astrophysics and Cosmology. C’est un expert mondialement reconnu en trous noirs astrophysiques, cosmologie, lentilles gravitationnelles, physique des rayons cosmiques et étoiles massives.

 

 

 

 

michael_landryMichael Landry est le scientifique responsable de la détection à l’observatoire LIGO de Hanford dans l’état de Washington, et physicien à Caltech (California Institute of Technology). Michael a débuté son travail sur les ondes gravitationnelles comme postdoctorant à Caltech en 2000 puis, affecté à l’observatoire LIGO de Hanford, il y est resté comme chercheur. De 2010 à 2015, il a dirigé l’installation du détecteur avancé LIGO de Hanford. Ce travail de collaboration entre les scientifiques de LIGO et la collaboration Virgo, rassemblant un millier de personnes, a culminé lors de la première détection d’ondes gravitationnelles en provenance de la fusion de deux trous noirs annoncée le 11 février 2016.

 

stefano_vitale1Stefano Vitale est Principal Investigator (P.I.) de la mission LISAPathfinder. Il est professeur à l’Université de Trento en Italie et une des personnes clef de la communauté Européenne des ondes gravitationnelles. Il a travaillé sur le détecteur acoustique cryogénique AURIGA avant de rejoindre la mission LISA où il dirige la participation italienne. Il a développé à Trento le laboratoire  qui a conçu le le capteur inertiel qui est au coeur de la mission LISAPathfinder.

 

Premiers résultats pour LISAPathfinder: feu vert pour la mission LISA

Les premiers résultats de la mission LISAPathfinder ont été présentés ce mardi 7 juin dans une conférence de presse organisée par l’ESA, et publiés dans la revue Physical Review Letters. Et ils sont encore meilleurs que prévu.

Cette mission technologique a été lancée le 3 décembre de Kourou (regardez le lancement ici et rencontrez l’équipe technique qui a participé à un hangout de Gravity ! quelques heures avant le lancement).

Cette mission teste un aspect clef du futur observatoire spatial d’ondes gravitationnelles, nommé LISA : elle mesure la variation de distance, liée au passage d’une onde gravitationnelle, entre deux masses d’épreuve qui sont en chute libre, c’est-à-dire qui suivent des trajectoires sous l’action de la seule force gravitationnelle. Afin de protéger les masses de toute perturbation, un ingénieux système, dit « à compensation de traînée », a été conçu. Il consiste à utiliser le satellite pour protéger de toute perturbation la masse d’épreuve placée en son centre.

Pour en comprendre le fonctionnement, imaginez qu’une micrométéorite heurte le satellite: le satellite se déplace latéralement, la masse d’épreuve n’est donc plus centrée, le satellite détecte cette anomalie grâce à ses capteurs et actionne ses micro propulseurs pour se recentrer autour de la masse d’épreuve.

Bien entendu, un tel dispositif n’est jamais parfait, et la masse d’épreuve ressent de très faibles perturbations, mais le but de LISAPathfinder est de démontrer que les perturbations sont suffisamment faibles pour détecter avec confiance des ondes gravitationnelles.

Quantitativement, le but est de minimiser les forces parasites agissant sur les masses d’épreuve. Mais une force provoque une accélération et l’objectif de LISAPathfinder est donc de minimiser les accélérations parasites (on parle de bruit d’accélération). L’objectif initial de la mission était d’atteindre, sur une période de 1000 secondes, un bruit d’accélération  inférieur à une fraction de l’accélération de pesanteur de l’ordre de 10-13. C’est un facteur dix moins bon que ce qui sera nécessaire pour la mission LISA.

LISAmission

 

Comme réaliser cela? Dans la future mission LISA, les masses test sont placées au centre de chaque satellite, à 5 millions de kilomètres de l’un de l’autre. Les rayons laser relient les trois satellites, formant ainsi un gigantesque triangle. Les variations relatives de distance sont mesurées par interférométrie, exactement comme les détecteurs terrestres, tels que LIGO.

 

 

Dans LISAPathfinder, un bras de la future mission LISA est réduit à 38 cm de façon à localiser les deux masses test dans un seul satellite. La distance entre ces deux masses est  contrôlée par des faisceaux laser qui forment un interféromètre très similaire à celui envisagé pour LISA (si ce n’est la distance parcourue par les faisceaux).

ESA_LISA_Pathfinder_LTP_Interferometer

Il n’est pas possible d’avoir les deux masses en chute libre simultanément, car leurs orbites sont très semblables mais pas exactement identiques. C’est pourquoi l’on utilise l’une des masses comme référence, alors que l’autre masse est laissée libre. C’est cette seconde masse dont on vérifie qu’elle est en chute libre, au moins dans les limites requises de bruit d’accélération.

« Les mesures ont dépassé nos attentes les plus optimistes » a commenté Paul McNamara, Responsable Scientifique ESA de la mission. « Nous avons atteint le niveau de précision requis à l’origine pour LISAPathfinder dès le premier jour, et nous avons donc passé les semaines suivantes à améliorer les résultats en faisant cinq fois mieux ».

Effectivement, comme montré sur la figure suivante qui est tirée de l’article publié, le bruit d’accélération atteint est 5 fois plus petit que celui qui était requis, en fait il est presque du niveau de ce qui est nécessaire pour la mission LISA, et même meilleur aux hautes fréquences.

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« Non seulement on voit les masses d’épreuve pratiquement immobiles, mais on a identifié avec une précision sans précédent la plupart des forces minuscules qui les perturbent », explique Stefano Vitale, chercheur responsable scientifique de la mission.

Ce succès donne évidemment le feu vert pour l’observatoire spatial d’ondes gravitationnelles, la troisième grande mission (L3) de l’Agence Spatiale Européenne, connue sous le nom de LISA (ou eLISA). Cette mission était originellement prévue pour un lancement en 2034 mais le succès de la mission technologique, et la découverte historique des ondes  gravitationnelles par le détecteur LIGO, offrent des arguments forts pour avancer significativement le calendrier.

Une nouvelle session de Gravity! (en anglais) commence ce lundi 9 mai

La nouvelle session en anglais du cours sur internet (MOOC) Gravity! commence ce lundi 9 Mai pour six semaines, faisant immédiatement suite à la session en français qui se termine sur la plate-forme FUN. Vous pouvez vous inscrire ici sur la plate-forme FutureLearn pour le cours en anglais. Le cours est gratuit et l’inscription est ouverte à tous.

La première session de ce cours a attiré plus de 70 000 inscrits l’automne dernier. Cette nouvelle session suit le même programme: elle passe en revue l’émergence des principaux concepts de Galilée à Newton et Einstein, avant de discuter les aspects majeurs de la  gravité dans l’Univers -Big Bang, expansion et inflation cosmique, fond cosmologique, matière sombre et énergie sombre. Nous avons du réorganiser les deux dernières semaines du cours qui traitaient des trous noirs et des ondes gravitationnelles, pour donner toute sa place à la superbe découverte des ondes gravitationnelles annoncée en février dernier. Ce sera certainement le clou de ce cours!

Gravity! est pour toutes celles et ceux qui sont curieux des mystères de l’Univers. Il vous invite à comprendre, sans pré-requis en physique ou maths, les fondements de la théorie d’Einstein et ce qui fait de la gravité « le moteur de l’Univers ».

Le cours Gravity! est produit par le Paris Centre for Cosmological Physics de l’Université Paris Diderot, avec, pour cette session, une participation invitée du Kavli Institute for Particle Astrophysics and Cosmology de  Stanford.

Voyez le lancement de la mission Microscope en direct de Kourou

Le lancement de la mission Microscope qui testera le principe d’équivalence à une précision inégalée était prévu vendredi 22 avril,  à 21h02 UTC (18h02 heure de Kourou, 23h02 heure de Paris) du pas de tir de  Kourou, en Guyane française, et repoussé au dimanche 24 avril même heure pour cause de météo.Il a de nouveau été repoussé à cause d’un problème technique sur le lanceur Soyuz et reprogrammé le lundi 25 Avril à 21h02 UTC (23h02 heure de Paris). Le lancement a été un succès et le satellite est désormais sur son orbite à 710 km d’altitude.

Le principe d’équivalence, selon lequel une accélération est équivalente à un champ gravitationnel, est un des fondements de la théorie d’Einstein. Mais les théories modernes qui tentent d’unifier la gravité avec les autres forces fondamentales ont tendance à violer ce principe. Voyez ici pourquoi.

Le principe de la mesure de Microscope est expliqué ici.

La retransmission du lancement est disponible ci-dessous:

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